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Colloque "Images numériques : technique, esthétique et idéologie"

Organisation d'un colloque
  •     Présentation de la problématique du colloque :

D’abord simple moyen de codage et de conversion, “le“ numérique (l’usage répandu de l’article défini est révélateur) a envahi nombre de technologies, en particulier celles qui sont liées à la production et à la diffusion d'images fixes ou en mouvement. C’est désormais le régime le plus répandu d’existence et de circulation des données visuelles et sonores. Si son lien à l'image et à l'audiovisuel semble de fait immédiat, son action s'étend aussi aux arts plastiques, à la musique, aux pratiques des arts de la scène et de la rue. Le numérique a aussi bien trouvé sa place dans l’industrie photographique et cinématographique que dans l’expérimentation et le bricolage artistique, réduisant au passage la distance entre domaine professionnel et monde amateur.

A un moment où la diffusion des films sur support analogique tend à disparaitre et où la pratique de la photographie argentique ressemble à un acte de résistance, il nous semble nécessaire d'envisager les enjeux techniques, esthétiques et idéologiques de cette mutation technologique qui touche non seulement le cinéma et la photographie mais aussi les arts plastiques, le théâtre ou le monde de la musique. Ce colloque interdisciplinaire se questionnera donc sur les nouvelles pratiques liées aux caractéristiques du numérique. Il s'agira de se demander ce qui reste du « photographique » ou du « filmique » dans ces images en devenir (faites avec des téléphones portables, des Ipad, recyclées à partir d'Internet...) et d'envisager les conséquences de cette mutation sur les modalités de diffusion et de réception de ces images. Pouvons nous considérer ces nouveaux supports comme des leviers théoriques pour repenser les pratiques et pour déplacer les limites des catégories esthétiques ?
 

  •     Partenaires

Département Arts, Université Aix-Marseille

LESA, Université Aix-Marseille

Institut de l'image, Cité du livre, Aix en Provence

Ecole Nationale Supérieure de la Photographie, Arles

Université Paul Valéry, Montpellier III

lieu d'expo à définir (3 BisF - Cité du livre ??)
 

  •     Comité Scientifique :

Christine Buignet (Mcf, hdr, ENSP, Arles)

Claire Chatelet (Mcf, Université Montpellier III)

Sylvie Coëllier (PR, Université Aix-Marseille)

Jean-Luc Lioult (Professeur, Université Aix-Marseille)

Caroline Renard (Mcf, Université Aix-Marseille)

Maxime Scheinfeigel (PR, Université Montpellier III)
 

  •     Lieux du colloque :

- Université d'Aix-Marseille, site Schuman, 29 av. Robert Schuman, 13621 Aix-en-Provence

- Salle Armand Lunel de l'Institut de l'image, Cité du livre, 8/10 rue des allumettes, 13100 Aix-en-Provence

- un lieu d'exposition
 
 

  •     Responsables scientifiques de la manifestation :

- Jean-Luc LIOULT, Professeur de cinéma dans le département Arts à l'université d'Aix-Marseille.
contact: Jean-Luc.Lioult@univ-amu.fr / tel : 06 20 88 66 10

- Caroline RENARD, Maître de conférences en histoire et esthétique du cinéma, Département Arts à l'université d'Aix-Marseille

contact : Caroline.Renard@univ-amu.fr /  tel : 06 72 27 24 78
 

  •          Equipe(s) de recherche, UFR, organismes et institutions associés à manifestation :     

- Laboratoire d'Etudes en Sciences des Arts (LESA, directrice  Sylvie Coëllier, EA3274)

- Laboratoire Représenter / inventer la réalité du romantisme à l’aube du XXIe siècle (RIRA21 EA 4209

- Département Arts, Université Aix-Marseille

- Ecole nationale supérieure de la photographie ENSP, Arles

- Institut de l'image, Cité du livre, Aix en Provence

  •                   Secrétariat du  LESA

Dominique Hadzlik

Aix-Marseille Université, bureau C121

29 av Robert Schuman

13 621 Aix-en-Provence, cedex 20

tel : 04 13 55 35 27

courriel : Dominique.Hadzlik@univ-provence.fr

  •     Secrétariat Division de la Recherche

Absa N'Diaye D'Agaro

Aix-Marseille Université

29 av Robert Schuman

13 621 Aix-en-Provence, cedex 20

tel :  04 13 55 31 00

courriel : absa.ndiaye@univ-provence.fr
 

  •     Exposition de photographies

Le colloque "Images numériques" s'associe à la célébration des 30 ans de l'Ecole nationale supérieure de photographie d'Arles. De nombreux événements sont prévus en France pour fêter cet événement (à Marseille, en avril, la Nuit de l'instant ; à Paris, en juin, le festival des Nuits photographiques et au BAL en décembre autour de la jeune création ; lors des Rencontres photographiques d'Arles de juillet à septembre). Dans ce cadre, l'ENSP invite le LESA  à puiser dans ses collections pour accompagner notre questionnement sur les pratiques et les enjeux du numérique. Ainsi le champ de la recherche se confrontera de manière directe à des pratiques artistiques pour mettre à jour la manière dont "le développement du numérique dans les années 90 a modifié en partie les conditions de prise de vue mais bien encore le traitement et la diffusion des images photographiques". Il s'agira d'effectuer un choix mettant en exergue la modification de statuts des images photographiques à l'heure où "rien ne permet plus de savoir à coup sûr, face à une image, ce qui provient encore d'une captation in situ ou d'une opération informatique"(Buignet ArtPress2 n°24). Les choix porteront à la fois sur des travaux qui mêlent capture et transformation des apparences (comme ceux de Sylvain Couzinet-Jacques), ou réhabilitent au contraire des pratiques autrefois dévalorisées (construction d'image mises en scène, tableau vivant, citation picturale ou théâtrale...). Sera donc présenté à Aix-en-Provence un choix d'oeuvres d'étudiants actuels, d'anciens diplômés et d'artistes-enseignants de l'école de photographie d'Arles. Ces photographies et installations seront sélectionnées parmi les travaux présentées lors des Rencontres photographiques d'Arles cette année ainsi que dans les collections de l'ENSP afin de valoriser la démultiplication des champs de recherche artistiques et théoriques portée par cette intrusion des dernières technologies dans le monde des images.
 

  •     Déroulement des journées (préprogramme non détaillé)

    Appel à communications

D’abord simple moyen de codage et de conversion, “le“ numérique (l’usage répandu de l’article défini est révélateur) a envahi nombre de technologies, en particulier celles qui sont liées à la production et à la diffusion d'images fixes ou en mouvement. C’est désormais le régime le plus répandu d’existence et de circulation des données visuelles et sonores. Si son lien à l'image et à l'audiovisuel semble de fait immédiat, son action s'étend aussi aux arts plastiques, à la musique, aux pratiques des arts de la scène et de la rue. Le numérique a aussi bien trouvé sa place dans l’industrie cinématographique et photographique que dans l’expérimentation et le bricolage artistique, réduisant au passage la distance entre domaine professionnel et monde amateur.

Pour autant la situation reste complexe. D’une part, les pratiques signifiantes ou les pratiques sociales ne sont pas transformées à tout coup (en ce qui concerne le cinéma : on peut tourner, monter, diffuser “en numérique“ un documentaire héritier du cinéma direct des années 1960 ; le dispositif de la salle obscure, du point de vue du spectateur, n’est modifié qu’à la marge par l’installation d’un projecteur de DCP. De même, les photographes numérisent leurs images argentiques pour les archiver, voire les retravailler ; et un tirage sur papier peut être réalisé quelle que soit la prise de vue initiale).

D’autre part l’ontologie des images, les pratiques discursives, les approches esthétiques, les modes de réception et d’appréhension des œuvres sont susceptibles d'être profondément affectés.

Du point de vue des théories, du cinéma comme de la photographie, de nombreuses questions se posent : cette mutation technologique ne fait-elle que confirmer ou consolider les expérimentations plastiques et figuratives des cinémas de la deuxième moitié du 20ème siècle, celles qui mirent en place, en pellicule argentique, et plus tard et secondairement sur bande vidéo, un régime d'images interrogeant les crises de la modernité ? C'était alors à l'art du montage et des mélanges d'images qu'était confiée la tâche d'inventer les formes et les figures d'un monde en mutation ; pour autant la crise annoncée de la représentation n’en finissait pas de se produire. Et du côté de la photographie, les photomontages, les pratiques de la mise en scène, l’hybridation à d’autres médiums se multipliaient, questionnant l’artificialité des images. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Après l’avènement du cinéma sonore et la révolution du direct et de la photographie instantanée, cette troisième mutation semble se développer selon deux grands axes  :

D’un côté, les puissances du cinéma et de la photographie se trouvent soit portées à leur extrême (montage de très haute précision, expressivité sophistiquée de l’image et du son) soit ramenées à leur forme radicale (enregistrement brut en basse définition, diffusion sans apprêt, photographies et vidéos réalisées avec des téléphones portables …).

De l’autre, le régime mimétique qui commandait notre rapport au monde par les images est en passe de devenir régime de simulacre et de simulation. A la capture d’images vient se juxtaposer leur synthèse et, qui plus est, capture et synthèse peuvent s’hybrider. Dès lors il ne s’agit plus seulement de produire de la pensée ou de l’indécidable comme le faisaient les cinémas et photographies de la modernité, mais aussi d’éprouver le désir d’incertitude de l’image, de ressentir sa puissance d’ambiguïté. Ce deuxième axe a une portée transdisciplinaire. C'est peut-être ici que cette mutation technique croise les autres pratiques artistiques et atteint une dimension historique révélatrice en se situant du côté de l'incertitude, du trouble et de la constitution d'un nouveau sujet.

Les propositions de communication, basées sur des exemples précis d'œuvres ou de pratiques, pourront concerner les ensembles de questions suivants :

    - Relecture de l'ontologie de la photographie et du cinéma : déplacement de la question du réel / nouveaux rapports entre l’indice et l’icône / renouvellement de la question du point de vue / possibilité d'un regard sans sujet / modification de la position du spectateur ….  (approche théorique)
    - Conséquences esthétiques des changements techniques (surfaces, couleurs, pixellisation, mouvements de caméra, profondeur de champ, montage …) / Question du rapport à la pensée : l'œuvre est toujours un lieu de pensée, mais l'incertitude qui porte sur ses foyers d'énonciation, sur l'origine de l'image et sur sa nature modifie la position du sujet. Ce dernier devient nettement plus incertain et plus aléatoire / Question de l'origine de l'image et du foyer d'énonciation, possibilité d'autonomie de l’image ? Inconscient du film, des images ? (approche analytique)
    - Déterminants idéologiques des mutations techniques, conséquences idéologiques des évolutions esthétiques. Les possibles renouveaux portés par ces innovations techniques dans la perspective économique du troisième capitalisme au sens de F. Jameson (approche politique et culturelle)
    - Le numérique comme un des espaces pivots des pratiques artistiques transversales : devenir des arts (approche historique et esthétique).
 

L’avis de sélection sera envoyé dans la semaine du 4 juin 2012.
 

  •     Publication

Une publication des actes est envisagée (Presses Universitaires de Provence).

Auteur(s) / Organisateur(s) LESA: 
Date(s): 
29 et 30 Novembre 2012
Lieu(x): 
Institut de l'image, Salle Armand Lunel, Cité du Livre
Amphi de l'Ecole Supérieure d'Arts
Codification AERES: 
ACTI
Année: 
2 012

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