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DRAWING IN AN EXPANDED FIELD (catalogue d'exposition collective avec des œuvres de Jean Arnaud)

Catalogue d'exposition

[i][b]DRAWING IN AN EXPANDED FIELD[/b][/i]
"Ce catalogue accompagne les quatre expositions organisées en 2011 à l'occasion des 30 ans d'existence de l'atelier de dessin de l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles - Ecole supérieure des Arts. Chaque artiste, par ses œuvres et par le texte qui les accompagne, témoigne du titre de cet ouvrage DRAWING IN AN EXPANDED FIELD et apporte sa contribution pour penser la façon dont le dessin, comme discipline à part entière, se développe en tant que champ ouvert, en expansion, débordant sans cesse ses marges. Le dessin aura beau tenter de se déterminer en se resserrant autour d'une définition du trait ou du support par exemple, dans le même mouvement il s'ouvre sur sa diversité. Il révèle ainsi qu'il n'a que peu à voir avec l'identité ou l'identification, entités d'ordre imaginaire, étant contaminé dès les couches fibreuses de son support par le multiple, par l'autre, le divers. L'image de peinture semble se porter vers l'avant, alors que le dessin procède le plus souvent d'un retrait, d'une ouverture sur le blanc, le rien, l'absence. Si le dessin semble de prime abord relever de la sphère de l'intime, c'est en fin de compte pour faire vasciller nos assurances et nous placer au plus près de nos fragilités, de notre précarité, pour nous confronter à l'expérience de la séparation, de l'abandon, de la perte", [i]texte de présentation 4e de couverture - Lucien Massaert[/i].

[b][i]"Coupe coule entrelace… dessine[/i][/b]
Au départ, il s’agit de construire encore des fictions pour inventer le monde, en confrontant la surexposition même des images consuméristes à l’imaginaire ; mais la plupart du temps, les figures ne sont retenues qu’au bord de leur effondrement, piégées au seuil de l’évanescence et de l’oubli. Mes images se tiennent également presque toujours à cette frontière où le dessin, la surface et la couleur ne s’opposent pas davantage entre eux que la forme, la matière et l’entrelacs.
Je figure au marteau, je contourne à la cisaille, je trace au fusain ou à la soude, je borde et je déborde des flaques de couleur par le trait… Quand les formes ne sont pas moulées dans des empreintes de caoutchouc, ce sont des infographies qui se superposent jusqu’à saturation des surfaces ; quand le flou ne vient pas dissoudre les contours pour mieux faire surgir la forme inédite, une stricte géométrie vient réguler le désordre apparent.
Le dess(e)in est d’ancrer les figures dans le temps de divers matériaux afin de retrouver cette intuition bergsonienne de la matière-durée en mouvement ; c’est surtout de prendre plaisir à l’émergence d’un espace lorsque le flux du dessin et la matière du subjectile ne font qu’un.
Procéder, dessiner : le tableau, la feuille et l’écran sont vécus comme lieux d’incorporation du trait. La fabrication des [i]Paysages défaillants[/i], des [i]Souffles[/i], des [i]Rêves de plomb[/i], des [i]Plis[/i] ou de [i]Pas vu[/i] commence toujours par la destruction de paysages et de figures réalistes par des actions variées ; tordre, plier, fondre, bomber, etc. Vient ensuite la surprise de la forme nouvelle installée dans son espace singulier, qui s’énonce dans l’écart entre l’intelligible et la défiguration.
Ces œuvres ont souvent pour sujets des animaux menacés ou des paysages ruinés. Les figures et les décors traitent ensemble de camouflage et d’illusion, d’élan vital et de pulsions mortifères. Les gestes, archaïques où infographiques, oscillent entre violence (tailler, trouer) et douceur passive (couler, souffler, voiler).Toutes les figures métamorphosées, plus ou moins efficacement masquées entre les écrans, interrogent sur le devenir des relations entre humanité et animalité par rapport aux évolutions technologiques.

La vidéo [i]Rhinocerotopia[/i], réalisée cette année avec François Landriot, souligne également par son mouvement lancinant et circulaire une certaine précarité du vivant. Le rhinocéros est devenu jouet dans un environnement inadapté. L’inscrustation visible de la figure animale qui tourne dans des lieux vacants ou désolés, à la limite de paysages naturels, industriels et urbains, semble condamner la bête à changer sans cesse de forme et de traits pour survivre, alors qu’elle n’est déjà plus qu’une image", [i]texte de Jean Arnaud accompagnant les œuvres présentées à la Maison d'art des Chartreux (MAAC Bruxelles)[/i]

Auteur(s) / Organisateur(s) LESA: 
Lucien Massaert (ARBA-ESA, La Part de l'Œil)
Date(s): 
2011
Lieu(x): 
Bruxelles
Codification AERES: 
AP
Année: 
2 011

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