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5 Juin 2014-Journée d'études Maison de la Recherche (site Schuman) - NOUVEAUX ENJEUX POUR LE RECIT CONTEMPORAIN: l’image, le texte et le son dans l’expérience spatiotemporelle des œuvres - Susana Dobal et Jean Arnaud

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Description: 

[b]NOUVEAUX ENJEUX POUR LE RÉCIT CONTEMPORAIN
L’image, le texte et le son dans l’expérience des œuvres[/b]

Journée d’études organisée par le LESA (laboratoire d’études en Sciences de l’Art)
Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines – Aix-Marseille Université
29 av. Robert Schuman 13621 Aix-en-Provence
Bâtiment T1 (Pôle Multimédia) – Salle des colloques 1 (RdC)
5 juin 2014 de 9H à 17H

Le récit était un objet d'étude associé principalement à la littérature, au théâtre et au cinéma, mais le dialogue établi pendant le XXe siècle entre les domaines de la création a conduit à l’élaboration de nouvelles formes de récit dans les champs des arts plastiques et de la photographie. Ce dialogue a notamment eu un double effet par rapport à notre perception du réel et de l’imaginaire ; d'une part, les questions traditionnelles concernant le récit ont été reformulées, concernant notamment les limites entre film documentaire et cinéma de fiction. D’autre part, le récit s’est diversement reconfiguré dans des installations, multimédiatiques ou pas. À titre d’exemple, lorsque ces dernières mettent en scène des projections vidéo, le récit devient pluriel sous l’effet d’une spatialisation multiple du son, de l’image et du texte ; il déborde ainsi à la fois la linéarité cinématographique et l’expérience du spectateur d’une unité de temps et de lieu dans l’espace où il se trouve.
La théorie narrative provenant de la littérature doit donc prendre en compte aujourd’hui plus que jamais des questions propres à la production artistique visuelle, qu’elle soit liée ou pas à l'utilisation d’Internet ou à de nouvelles expériences immersives de l’image (installations, jeux vidéos…). En d’autres termes, elle doit d’une part considérer l'image, le texte et le son par rapport à l’espace physique de l’exposition ou par rapport aux possibilités de navigation (interactives ou non) sur le web ; elle doit d’autre part questionner les principes formalistes et structuralistes qui ont déterminé notre conception du récit dans la seconde moitié du XXe siècle, de Vladimir Propp à Paul Ricœur, Gérard Genette et Gilles Deleuze, en analysant par exemple les notions de personnage et d'intrigue, la relation entre déroulement et dénouement, ou encore la complémentarité entre temps raconté et temps du raconter. Devant la multitude de manifestations du récit dans les créations artistiques contemporaines, qui combinent images, textes et sons selon des stratégies très variées, demeure la question de savoir si leur émergence crée de nouvelles difficultés épistémologiques au-delà de l’analyse formelle et esthétique des œuvres, ou si ces productions continuent à répondre aux problématiques suggérées originairement par les théories du récit élaborées au XXe siècle.

8h 45 – Accueil des intervenants et présentation : Susana Dobal et Jean Arnaud

1-NOUVEAUX RÉCITS PHOTOGRAPHIQUES
9H 30 – ÉTS. DECOUX (artiste, professeur à Artsイ - école supérieure des arts de Mons) :
LE RÉCIT DE LA FABRICATION
Les Ets. Decoux produisent des livres qui s'apparentent à des livres d'artistes, se construisent à partir de documents sélectionnés, manipulent des événements dispersés et les remontent par des logiques associatives. Seront présentés quelques projets d'édition ainsi que la méthode de travail. Les questions posées seront : comment faire basculer l'attention du montage de documents visuels vers le récit d'intrigues ? Quelle forme d'écriture se construit au travers des différents dispositifs visuels mis en œuvre?

9H 50 – LUIZ CLÁUDIO DA COSTA (professeur à l'Institut des Arts de l'Université d'Etat de Rio de Janeiro) :
MATHIEU PERNOT : LE RÉCIT DE L’HISTOIRE ET LA DÉSTABILISATION DE LA NOTION DE POINT DU VUE
Un camp pour les Bohémiens (1998/99) de Mathieu Pernot est l’objet de mon intervention. Construit avec un fond de photographies anthropométriques d’anciens internés d’un camp de concentration destiné aux tsiganes et des témoignages, l’œuvre sera abordé par la notion de « circuit d’échange » construit par Gilles Deleuze. Le récit dans cette installation résulte de l’échange entre les images actuelles organisé par l’artiste et les images virtuelles qu’elles suscitent chez le spectateur. Par conséquent, l’autorité de l’auteur et celle du spectateur sont entretenues par l’œuvre. En gardent en vue une politique des images de remémoration du passé en art plastique, j’examinerai l’utilisation de documents et de témoignage dans l’espace irréel de l’œuvre d’art.

10H 10 – Discussion
10H 30 – Pause

2-INTERMÉDIALITÉS
10H 45 – SUSANA DOBAL (photographe et professeure à l’Université de Brasilia) :
DAVID CLAERBOUT : LA NARRATIVITÉ ENTRE CINÉMA ET PHOTOGRAPHIE
L’œuvre de David Claerbout met en question l’expérience du temps, et indirectement de l’espace, en travaillant à la limite entre la photographie et le cinéma. Ses installations ne racontent jamais une histoire et l’artiste déclare vouloir délibérément s’éloigner des conventions de la fiction cinématographique. Cependant, son œuvre laisse entrevoir la dimension narrative dans l’image statique. Par des interventions subtiles qui ajoutent un mouvement léger dans l’image presque immobile ou par la dissection d’un moment unique divisé en plusieurs plans, Claerbout donne à l’image statique une durée. Il attribue, ainsi, une inquiétude à la photographie, et révèle, d’une façon éloquente, le potentiel narratif de l’image fixe.

11H 05 – BERNARD GUELTON (professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR ACTE) :
RÉCITS INTERACTIFS EN MOBILITÉ ET HORIZONS SPATIO-TEMPORELS
Dans les jeux en réalités alternées, les participants alternent ou combinent leurs attentions et leurs actions entre réalités physiques, virtuelles et fictionnelles. Dans certains exemples, le développement du jeu se réalise par le biais de protocoles audio, c’est-à-dire par le biais d’une suite d’instructions sonores délivrées et échangées entre joueurs. Selon la nature des outils et des modes d’interactions utilisés, l’horizon temporel est plus ou moins court et engage donc la possibilité et la nature d’un « récit » construit au préalable ou vécu par les joueurs. On tentera de confronter génération des consignes et d’un récit potentiel avec le vécu du déplacement dans la ville. La question de l’intrigue essentielle dans les dispositifs interactifs sera examinée à cette occasion.

11H 25 – CHRISTINE ESCLAPEZ (professeure à Aix-Marseille Université, LESA) :
PROCESSUS NARRATIFS ET ARGUMENTATIFS DANS PERVERSIONES (2011), CONCERT-PERFORMANCE POUR VOIX ET PIANO DE FATIMA MIRANDA ET CRÉATION PHOTOGRAPHIQUE DE CHEMA MADOZ - LA NOTION D’ ETHOS AUCTORIAL
Dans le cadre de cette conférence, nous analyserons la dernière création de la chanteuse et compositrice Fatima Miranda, intitulée perVERSIONES et créée à Lisbonne en 2011. Dans cette création intermédiatique (où sont superposées musique, texte et photographie), Miranda brouille l’image d’elle-même qu’elle donne à voir habituellement à son public en lui proposant un autre type de pacte narratif qui vient diffracter l’image de la compositrice/improvisatrice/performeuse qu’elle était jusque-là. Pour la première fois de sa carrière, Miranda se définit comme une interprète de musique savante et populaire.
Á partir de ce « récit pluriel » tel qu’il est proposé par l’artiste, il s’agira de réinterroger ici la question de la figure de l’auteur qui s’y déploie. Question qui, depuis la fin du XXe siècle, fait à nouveau l’objet de recherches dans le champ narratologique.

11H 45 – Discussion
12H 15 – Pause déjeuner

3-THÉÂTRES DE SCULPTURE ET SCULPTURES NARRATIVES
14H 30 – JULIE FABRE (doctorante en Arts plastiques et Sciences de l’art à Aix-Marseille Université, LESA) :
LES SCULPTURAL THEATERS DE RYAN TRECARTIN : MULTI-LINÉARITÉ ET FRAGMENTATION DU RÉCIT
Les trames narratives enchevêtrées des vidéos de Ryan Trecartin rendent difficile l’analyse du récit du fait de leur multi-linéarité. Les personnages, qui sont parfois moins l’incarnation d’individus que de groupes, de choses ou d’idées, sont eux-mêmes des entités éclatées. Comment penser la structure narrative de l’ensemble des vidéos que constitue Any Ever (2009-2010) dans la mesure où les procédures d’agencement, de montage (sonore et visuel), de collage, d’intégration de texte dans l’image, interrogent, au-delà du modèle télévisuel, les spécificités du numérique et de l’Internet ?

14H 50 – YVES SCHEMOUL (artiste, professeur Agrégé enseignant au Département Arts de l’Université d’Aix- Marseille ; docteur en Arts plastiques et Sciences de l’art, LESA) :
SCULPTURES NARRATIVES : RÉCIT VISUEL, MÉTALEPSE ET FICTION MUSÉALE
Le récit et les mécanismes de la narration constituent aujourd’hui l’objet de nombreuses investigations dont témoigne la dernière Biennale de Lyon. Des sculptures narratives réévaluent les relations de l’objet et du récit et proposent en outre un mode d’interaction spécifique entre le récit et le lieu jusqu’à constituer une forme de métalepse visuelle entre l’espace fictionnel et l’espace réel. Cette théâtralité des relations n’est pas sans rappeler les œuvres composites dans Locus Solus de Raymond Roussel et conduit à s’interroger sur le statut du musée lorsque celui-ci devient lui-même récit ce qui dans l’ère postmoderne déjà datée fait du musée même un lieu œuvré mais aussi celui de l’exercice des simulacres.

15H 10 – Discussion
15H 30 – Pause

4-RÉCITS DU LIEU / LIEUX DU RÉCIT
15H 45 – ANNA GUILLÓ (artiste et maître de conférences à l’Université Paris 1 –¬ Panthéon-Sorbonne) :
LES PETITES FICTIONS DE GOOGLE STREET VIEW
Certaines pratiques artistiques contemporaines intègrent les images produites par les instruments d’une cartographie insolite que sont les photographies satellite.
Cette nouvelle imagerie engendre une multitude de récits que l’on pourrait légitimement penser comme inédits puisque liés à des dispositifs technologiques très récents. Bien que ces petites fictions vues d’en haut empruntent, pour la plupart, à des formes littéraires anciennes (carnet de voyage, journal intime, épopée…), il s’agira cependant de montrer comment elles participent aujourd’hui à la fabrique d’un monde nouveau.

16H 05 – BELINDA REDONDO (docteure en Urbanisme et Aménagement de l’espace, chercheuse associée au Lab’Urba à l’Institut d’Urbanisme de Paris – Université Paris-Est) :
LA COMMANDE PUBLIQUE ARTISTIQUE DES TRAMWAYS : PRODUCTION D’UN RÉCIT URBAIN
Les œuvres d’art implantées le long des tracés des tramways s’articulent fréquemment autour d’un dispositif narratif (œuvre textuelle, discours de l’artiste, outils communicationnels, etc.), ouvrant de nouvelles perspectives sur les modes d’appréhension et d’exposition des œuvres urbaines. Cette dimension narrative invite également le citadin-usager-spectateur à de nouvelles expériences sensibles, ainsi qu’à une relecture de l’espace urbain, au cœur de ce lien viscéral unissant la ville au récit.

16H 45 –Conclusion

Clôture vers 17H

INFOS

Accès libre dans la limite des places disponibles

Organisation :
Susana Dobal : sudobal@gmail.com
Jean Arnaud : arnaud.jean2@bbox.fr

Site du LESA : http://ufr-lacs.univ-provence.fr/lesa/

Auteur(s) / Organisateur(s) LESA: 
Susana Dobal (Université de Brasilia)
Date(s): 
5 juin 2014, de 9h30 à 17h
Lieu(x): 
Salle des colloque 1, Maison de la recherche site Schuman, Aix-en-Provence
Codification AERES: 
ACTN
Année: 
2 014

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