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Peinture de paysage et esthétique de la dé-mesure (XVIII° et XIX° siècles)

Au moment du classicisme, alors que le monde est nommé suivant la grille d'un savoir de plus en plus rationnel, s'amorce de façon contradictoire, une pensée de l'écart et de la différence par rapport aux normes représentatives. Cette pensée se développe conjointement dans les textes et dans la peinture, autour de l'expérience du paysage. Ceci à bien des égards annonce la sensibilité moderne : un profond besoin de sensations nouvelles expérimentées au contact de la Nature, amène à penser et à produire la peinture de paysage comme une source d'effets surprenants sur le spectateur. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, ceci ne sera pas sans conséquence sur l'équilibre de l'image qui dès lors est soumise à de nouveaux enjeux plastiques suivant une esthétique de la dé-mesure : assomption de la surface du tableau et picturalité, on reconnaît désormais dans l'oeuvre une certaine matérialité, productrice de sensations. Si la démesure dans son sens commun est comprise comme un dépassement, un excès, la dé-mesure telle qu'on l'entend ici est une oeuvre de perte et d'altération de la ressemblance qui corrode progressivement le Discours de la Raison classique en construisant une nouvelle réalité dans un langage plus sensible, face à l'idéologique et au religieux.

Auteur(s): 
Type de publication: 
Autres publications
Revue, Collection: 
Collection "L'ouverture philosophique"
Éditeur: 
L'Harmattan
Année : 
2 000
Nbre ou N° pages: 
254 pages
n° ISBN: 
2-7384-8864-1

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