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Journée d'études | La critique, l'origine d'un geste I

Organisation d'un colloque

L’origine d’un geste 1

L’enjeu de la critique ne sera pas ici abordé sous le prisme anthropo-historico-sociologique. Nous laissons aux amateurs de monographie le soin d’établir des dictionnaires de la Critique, et aux essentialistes le souci de l’inscrire dans un genre.

Pour autant que nous parlons d’origine, elle ne sera pas le lieu qui détermine un usage, mais un espace de redéploiement – non pas amont, mais appel.

Si le discours originaire est aujourd’hui bien souvent celui qui sert à déterminer une identité figée (nationale, sexuelle, politique), nous proposons une approche qui inscrirait l’origine non comme pratique scripturaire qui choisirait l’invention d’une langue à l’établissement d’un avis, d’une opinion (ces compromis avec soi), mais nous proposons de penser la critique comme pratique de la langue et de soi – celle d’un prolongement mental, comme secousse physique, séisme des épidermes, tremblement rétinien où le corps qui se met à penser réfléchit une activité magmatique, que l’écriture va ensuite, non pas organiser, mais coordonner – critique comme branchement en intensité entre l’œuvre et soi, et la langue et ce qui la renverse, la parole et ce qui la conteste.

Critique comme désœuvrement qui défait ce que l’œuvre voudrait planifier. Critique capable d’inventer des fictions d’identités, et de produire des corps neufs. Contre l’héritage et les crampes mentales qu’évoquait le camarade et néanmoins musicien Italien Luigi Nono, nous affirmons l’acte dénotarié, délégitimé, délégiférant, délirant.

À une critique contrainte, surveillée, objet de protocole de contrôle et de processus d’incarcération (Foucault, Deleuze, and co) prise dans les filets de la ligne éditoriale, dans le surplomb des comités de rédaction, rognée par les annonceurs, défigurée par les fonds de pension… nous appelons à une critique du hors-piste, du coup, du coup bas, du hors-jeu. Une critique guérilla. Faire le coup de main. Soit une critique où l’origine d’un geste pourrait être la réappropriation qui fait barricade, espace de résistance qui fixe et arrête les flux aberrants et incessants qui semblent désormais la loi libérale d’une circulation : barricade qui dresse une ligne de front pour dévisager, barricade qui lève l’espace des insurrections intérieures pour envisager ce qui passe et faire face, barricade qui dresse le who’s there de Marcellus – et qu’on réponde, si on l’ose.

Barricade est cet espace d’incandescence, espace de flamboiement et d’arrêt où la brûlure de soi est le graphite métaphorique d’un engagement et d’une herméneutique du sujet ; soit un clivage radical entre les champions de la communication et leur étendard Hermès et une geste explosive et nietzschéenne, lieu de toutes les combustions.

Cette journée questionnera le jugement, entre autres, histoire de commencer à faire mentir les juges…. Afin que l’herbe pousse.

Auteur(s) / Organisateur(s) LESA: 
Date(s): 
20 octobre 2015
Lieu(x): 
IMMS | ERAC (Friche Belle de Mai, Marseille)
Codification AERES: 
COM

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