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BIOMORPHISME ET CREATION ARTISTIQUE

Organisation d'un séminaire

BIOMORPHISME ET CREATION ARTISTIQUE – Session 2

Automne 2017

Séminaire/workshop organisé dans le cadre du projet Biomorphisme. Approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant  

Organisation : Jean Arnaud, PR au LESA ; Julien Bernard, MCF philosophe des sciences au CEPERC ; Sylvie Pic, artiste

Salle S1 – Faculté des Arts et Lettres - Schuman

Jeudis 12 octobre, 9 novembre, 23 novembre, 7 décembre ; 9h – 13 h

 

Thème général

            Les formes du vivant et leur genèse sont à la fois un objet d’étude biologique, utilisant des théories physiques, chimiques et mathématiques (fractales, théorie des systèmes dynamiques, chimie organique, etc.), et un objet d’intérêt d’ordre sensible (formes animales et végétales, univers des métamorphoses, processus de croissance…). Un ensemble de pratiques modernes et contemporaines mettent en lumière les tensions internes qui se jouent dans le rapport du vivant à l’art sans opposer sensibilité et conceptualité, abstraction et figuration.

            Le biomorphisme a abondamment influencé l’art au cours du XXe siècle, le terme entrant progressivement dans le vocabulaire esthétique. Il possède au départ des affinités avec le Surréalisme et l’Art Nouveau, sans désigner pour autant un groupement artistique structuré. Les pratiques biomorphiques sont aujourd’hui très différenciées, non seulement en fonction du médium utilisé par les artistes, mais surtout en fonction de leur point de vue sur les rapports entre arts, sciences et technologie. Ce séminaire-workshop de théorie / pratique entend préciser les enjeux conceptuels de ce type de démarches créatrices.

            Dans chacune des quatre journées, un conférencier théoricien spécialiste traitera d’un sujet en lien avec le thème, et un artiste présentera son travail biomorphique ou effectuera une performance en lien avec le thème.

Programmation

I - Jeudi 12 octobre 

. 9-11 h : Tehurisa SUZUKI

            Artiste indépendant japonais vivant à Paris, il réalise des sculptures monumentales et des installations in situ avec des matériaux naturels. Leur biomorphisme fondamental, qu'il se réfère au végétal ou à l'animal (œuf, coquille, etc.), engendre des formes qui se développent organiquement en polarisant l'espace autour d'elles. Ses sculptures, le plus souvent pénétrables, offrent au spectateur une expérience sensorielle forte et complète.

. 11-13 h : Mariagrazia CROCCO

            Maître de conférences en philosophie à AMU (ESPE - CEPERC CNRS UMR 7304). Ses travaux de recherche concernent la philosophie des activités humaines et l’épistémologie des sciences de l’homme et de la société. Elle est également membre de la « structure fédérative d'études et de recherches en éducation de Provence » (FED 4238 SFERE Provence).

Elle structure actuellement ses recherches autour du rapport de la philosophie aux matières étrangères, expression que Canguilhem utilisait pour désigner ce qui échappe à la philosophie stricto sensu, et qu’il est cependant indispensable de questionner pour participer à un diagnostic de notre présent. Cela implique une démarche à la fois épistémologique, politique et éthique autour de la constitution des savoirs, des rapports de pouvoir et de la représentation de soi, ainsi que des relations entre ces pôles de la connaissance et de l’expérience. Elle décline ses préoccupations théoriques dans le champ du travail et principalement dans les domaines de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (EEF).

mariagrazia.cairo-crocco@univ-amu.fr

Réflexions autour du biomorphisme à partir de la philosophie de la vie de Georges Canguilhem

 

II- Jeudi 9 novembre  

. 9-11 h : Jean ARNAUD

            Artiste et professeur des universités en arts plastiques à l’université d’Aix-Marseille (AMU). Membre du LESA (Laboratoire d’études en sciences de l’art, AMU), Jean Arnaud travaille sur les thèmes suivants : 

  • Archéomodernité de l’animal au XXIe siècle.
  • Biomorphismes. Approches sensibles et conceptuelles des formes du vivant.
  • Morphologie des espaces plastiques.
  • Images en transit – Création artistique et récit au XXIe siècle. Document / fiction.

            Livres récents : L’espace feuilleté dans l’art moderne et contemporain (PUP Aix-en-Provence, 2014), Document, fiction et droit en art contemporain (sld. Jean Arnaud et Bruno Goosse, ARBA Bruxelles, PUP Aix-en-Provence, 2015), Espaces d’interférences narratives – Art et récit au XXIe siècle (à paraître aux PUM Toulouse, nov. 2017). Dernier catalogue monographique : Jean Arnaud – Pas vu, Centre d’art Villa Tamaris, La Seyne/mer, 2011.

http://jeanarnaud.fr

            Organicité de la forme et altération de la figure

. 11-13 h : Nathalie DELPRAT

            Physicienne de formation, créatrice intermédia, enseignant-chercheur à l’université Pierre et Marie Curie à Paris (UPMC/Sorbonne Université), Nathalie Delprat est rattachée au Laboratoire d'Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l'Ingénieur (LIMSI-CNRS) à Orsay où elle est responsable de la thématique transverse VIDA (Virtualité, Interaction, Design et Art).

https://www.limsi.fr/fr/recherche/vida

https://perso.limsi.fr/delprat/

            L'avatar-nuage : une approche biomorphique du corps virtuel

            Le travail présenté explore les liens entre matérialité virtuelle, conscience corporelle et imaginaire dans le cadre d'une démarche recherche et création. Il s'inscrit dans l'étude de la transformation virtuelle du corps sous forme d'un nuage grâce à l'installation interactive RêvA. L'impact cognitif et émotionnel de cette transformation est directement lié aux propriétés dynamiques de la matière simulée et résulte d'illusions perceptives, déclenchées notamment par l'effacement des frontières corporelles. La représentation proposée n'est pas que formelle. Elle permet de vivre l'accord intime entre les temporalités du corps et de la matière en augmentant sensoriellement l'imaginaire des qualités propres du médium virtuel et ouvre de multiples perspectives comme support de médiation thérapeutique et poétique.

 

III- Jeudi 23 novembre

. 9-11 h : Pierre BAUMANN

            Artiste, MCF HDR en Arts Plastiques et Sciences des Arts, rattaché à l’Unité de Recherches transdisciplinaire EA.4593 CLARE, de l’université Bordeaux Montaigne, Pierre Baumann est responsable du master Arts Plastiques. Ses travaux portent sur les formes multiples d’écologie de l’art à partir d’un processus continu qui associe expérimentations, analyses pratiques et théoriques, dans le cadre de protocoles élargis de recherche : micro-laboratoires, séminaires, workshops, publications, conférences, expositions, restitutions, colloques ou diffusion numérique. Il a pubié en 2016, L’usure, (co-dir.) PUB et en 2017 De Cibecue à Lemniscate, (dir.), PUB.

http://www.pierrebaumann.com/

https://u-bordeaux3.academia.edu/PierreBaumann (articles en ligne)

. 11-13 h : Anaïs LELIEVRE

            Artiste plasticienne, agrégée d’Arts plastiques depuis 2005, docteure d’une thèse de poïétique soutenue en 2012 à l’université Paris 1 (L’art d’habiter par la création numérique, sous la direction d’Eliane Chiron), diplômée d’un DNSEP à l’ESADHaR Rouen en 2013, et Maître de conférences depuis 2015 à l’université d’Aix-Marseille (ESPE, ADEF). Dans le champ de l’art contemporain, sa recherche en poïétique étudie des interactions entre gestes, matériaux et contextes, particulièrement dans des cas où les croisements de médiums génèrent des modalités spécifiques de création : installations contextuelles de photographies numériques, sculptures-performances métamorphiques, relations du dessin à la performance, à l’écriture et à la sculpture.

            Entre les formes

            En croisant des approches esthétique et poïétique, cette recherche partira de l’observation de similitudes externes entre des objets artistiques et des états de la nature pour se déplacer vers l’étude de processus métamorphiques et de rapports dynamiques entre les formes. Elle se fondera sur l’expérience d’une pratique personnelle qui se déploie dans l’évocation de passages troubles entre l’inanimé et le vivant, le minéral et l’organique, le microscopique et l’environnement, tout comme elle transite, au niveau plastique, entre différents médiums, invitant à étendre la réception aux mutations qui s’opèrent entre les productions. Transposés de la figuration à un procès artistique élargi, les modèles biologiques de la germination, de la croissance et de l’évolution, permettraient-ils, par comparatisme, de schématiser et d’énoncer les modalités de ces relations à l’œuvre ?

 

IV- Jeudi 7 décembre

. 9-11 h : Peter BRIGGS

Artiste né en 1950 à Gillingham (Grande-Bretagne). Formation : Hornsey College of Art/Ecole des Beaux-Arts de Dijon/Université de Haute Bretagne. IleEnseignait la sculpture à l’école des Beaux-Arts de Tours de 1983-2016, au Mans et à Rennes de 1976-1983. Intervenant ponctuel à l’Ecole de Paysage de Versailles. Vit et travaille à Tours et Saint Pierre des Corps depuis 1983, ponctuellement à Delhi depuis 2000.

            Considérations préalables : une approche générale du Biomorphisme

            Il s’agit de traiter de la période qui précède l’annonce faite de Biomorphisme avec un B majuscule, d’envisager comment les artistes et autres penseurs ont pu, d’une manière indépendante, cerner les problématiques pour arriver à des conclusions ou intuitions similaires.

Ceci s’effectuera, à travers une ouverture à la théorie de l’empathie. Les processus d’incorporation et de projection paraissent se combiner au fur et à mesure que « nous nous transférons ainsi d’autant plus intensément à l’intérieur du phénomène : il s’agit donc d’un sentir direct et indirect en vue d’atteindre l’enesthésie [Einempfindung] ou l’empathie [Einfühlung][1] ». Il y a cependant une différence de degré entre enesthésie et empathie, car seule cette dernière « ressent [erfühlt] l’objet de l’intérieur (le centre de l’objet) vers l’extérieur (la forme de l’objet) ; alors que l’émotion directe et l’émotion indirecte (en tant qu’émotions attentives) procèdent de l’extérieur (la forme de l’objet) vers l’intérieur (le centre de l’objet, l’empathie), mais peuvent aussi bien négliger tout à fait l’intérieur de l’objet[2] ». Certains artistes, face à l’expérience de la nature et les formes naturelles, ont tenté non pas une forme de représentation, mais tenté une transcription (traduction graphique ou tri-dimensionnelle) de l’émotion suscitée par l’empathie.

En prenant l’exemple de Hans Arp, il sera question d’identifier des éléments formels, à travers la forme hybride en particulier, qui permettent un regard spécifique sur son travail de pionnier dans ce domaine, et de faire la part entre son apport et ceux de Henry Moore et de Barbara Hepworth.

Enfin, nous évoquerons la nature réflexive d’une sculpture tactile : en quoi le sens tactile irrigue et nourrit des interrogations issues de l’empathie, le tirant vers l’informe.

Le biomorphisme devient alors une manière de voir, un filtre, une grille d’analyse, une attitude.

. 11-13 h : Luciano BOI

            MCF à l’EHESS, Paris, philosophie des sciences. Il englobe dans sa réflexion aussi bien les mathématiques que la physique, la biologie et les arts plastiques. Il travaille sur les analogies et les différences profondes qui peuvent s'établir entre les productions d'art et les êtres vivants.

 

 

[1]. Robert Vischer, Über das optische Formgefühl., Ein Beitrag zur Ästhetik [Sur le sentiment optique de la forme], Leipzig, Hermann Credner, 1873, p. 23-24 ; trad. angl. « On the Optical Sense of Form : A Contribution to Aesthetics », in Harry Francis Mallgrave et Eleftherios Ikonomou (éds), Empathy, Form, and Space. Problems in German Aesthetics, 1873-1893, The Getty Center for History of and the Humanities, 1993, rééd. Santa Monica, 1994, p. 106. Nous renvoyons aussi à la traduction italienne d’Isabella Amaduzzi, souvent plus claire que la version anglaise : « Sul sentimento ottico della forma. Un contributo all’estetica », in Andrea Pinotti (éd.), Estetica ed empatia. Antologia, Milan, Edizioni Angelo Guerini e Associati, 1997, p. 118, trad. française Stefania Caliandro, « Empathie et esthésie : un retour aux origines esthétiques », Revue française de psychanalyse, 2004/3 Vol. 68, p. 796. DOI : 10.3917/rfp.683.0791. Article disponible en ligne à l'adresse :

http://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2004-3-page-791.htm

[2]. Ibid., p. 27 (trad. angl., p. 108 ; ital., p. 121); franç., p.796.

 

Auteur(s) / Organisateur(s) LESA: 
Julien Bernard (CEPERC) et Sylvie Pic, artiste
Lieu(x): 
Faculté des Arts et Lettres - AMU Site Schuman Bd Schuman - Aix-en-Provence
Salle S1 - Jeudis 12 octobre, 9 novembre, 23 novembre, 7 décembre ; 9 h – 13 h
Codification AERES: 
AP
Année: 
2 017

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