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Anna Guilló

Filière: 
Arts Plastiques et Sciences de l'Art
Grade: 
Maître de conférences
HDR: 
Habilité à Diriger des Recherches
Habilitation: 
Résurgences. (Éloge de la désexcellence). Propositions pour la recherche en arts plastiques
Axe de recherche: 
Constructions de l'imaginaire actuel à travers les arts
Thèse: 
Tête-à-tête : pour (ou contre) une herméneutique plastique de l'œuvre d'art
Sous la direction de: 
Jean Lancri
Responsable des doctorants suivants: 
Points forts de vos activités de recherche et résultats marquants : 

1. Responsable du programme de recherches La Fin des cartes ? Territoires rêvés, territoires normalisés (avec Aline Caillet, Karen O’Rourke et Sophie Fétro), avec le soutien de la politiques scientifique de l’Université Paris 1 depuis 2013. Colloque international et parcours d’expositions programmés du 18 au 20 novembre 2015, École supérieure d’architecture de Paris-Belleville www.lafindescartes.net. Projet pluridisciplinaire sur la cartographie alternative qui a bénéficié du soutien de la politique scientifique de Paris 1 et d'une vingtaine de partenaires (écoles d'art, FRAC, universités etc.). Préparation d’une publication : un catalogue d'environ 400 pages regroupant l'ensemble des actions menées, expositions et actes du colloque. Ce groupe de recherches compte une centaine de chercheurs internationaux venant de toutes les disciplines. https://www.facebook.com/lafindescartes/ http://www.art-immanence.org/spip.php?article61/ http://www.kareron.com/la-fin-des-cartes/

2. Directrice de la revueTête-à-tête, revue d’art et d’esthétique, éd. Rouge Profond.

La revue Tête-à-tête qui est une revue d’art et d’esthétique exclusivement composée d’entretiens de fond réunis autour d’un thème commun. Sa ligne éditoriale a l’ambition d’aborder frontalement des questions exigeantes par le truchement d’une forme habitée par l’histoire du dialogue et de la rencontre. C’est en portant la parole d’un autre que les auteurs des entretiens formulent leurs propres postures et opinions sur le thème proposé par la revue. Inversement, les créateurs, artistes et penseurs qui font le sommaire de chaque numéro sont appelés à interroger leurs œuvres à l’aune de leur inscription dans l’actualité. La revue a éditée par les éditions le Bord de l'Eau entre 2011 et 2015 et distribuée par les Belles Lettres. Elle est désormais éditée par les éditions Rouge Profond et distribuée par Harmonia Mundi (https://www.revuetat.com/)

3. Écrits d’artistes au XXe siècle, Paris, éd. Kliencksieck, coll. « 50 Questions », avril 2010.

Cet essai a la double ambition de faire connaître certains écrits d'artistes, des plus célèbres aux plus confidentiels, et de retracer une histoire de l'art du XXe siècle. Tout en empruntant à des formes littéraires répertoriées (journal, essai, correspondance, etc.), ces écrits, rarement abordés comme un tout, forment pourtant un ensemble à part dans la masse des textes sur l'art. Caractérisés par la prise de parole d'un auteur dont, a priori, l'expression privilégiée n'est pas le langage verbal, leur lecture nous permet d'entrer dans l'intimité d'une « pensée à l'œuvre». De 1900 à nos jours, cet essai éclaire la vision des artistes sur l'art et le monde, vision qui n'est jamais réductible à celle de l'historien, de l'esthéticien ou du critique.

4. Membre du comité de rédaction de l’antiAtlas Journal, revue numérique bilingue, http://www.antiatlas-journal.net, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (UMR7310, Aix Marseille Université/CNRS), Institut méditerranéen de recherches avancées (Aix Marseille Université), Réseau Labex+, Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence & Ministère de la Culture et de la Communication, laboratoire PACTE (UMR 5194 CNRS / Université de Grenoble Alpes). 

En préparation :

5. Colloque international : « Qu'avons-nous fait de L'Auteur comme producteur ? » Sur une proposition d'Anna Guilló en collaboration avec Pierre-Damien Huyghe (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Institut ACTE) et Karen O’Rourke (Université Jean Monnet – Saint-Étienne, CIEREC).

L’essai de Walter Benjamin L’Auteur comme producteur rédigé en avril 1934, marque à l’époque le refus du philosophe de considérer la littérature comme une sphère autonome en insistant sur la position de classe de l’écrivain. Benjamin y développe la notion, complexe, de tendance, la tendance d’une œuvre ne pouvant être politiquement juste que si elle est littérairement juste. Ainsi, au-delà des critiques que Benjamin émet à l’égard de la Nouvelle objectivité et le positionnement de certains intellectuels de gauche, la question est de savoir comment faire coïncider engagement et qualité en insistant notamment sur la technique de l’auteur. Toute la subtilité du postulat de Benjamin est donc de ne pas revenir sur une traditionnelle opposition forme/fond mais bien sur la tension entre tendance et qualité.

Depuis sa publication en 1966 par l’éditeur allemand Suhrkamp, et ses premières traductions française et anglaise en 1969 et 1970, ce texte n’a cessé de résonner dans les pratiques artistiques mais aussi, de façon plus surprenante encore, dans les milieux activistes. En effet, on ne compte plus les artistes, penseurs et mouvements qui se revendiquent de cet essai pourtant très attaché au contexte historique et politique qui l’a vu naître. Comment expliquer en tel engouement ? Est-ce parce qu’à travers la mise en cause de la technique littéraire, il pose la question de la position de l’œuvre non pas à l’égard des rapports de production mais au sein des rapports de production ? Ne plus porter un regard « sur » mais « en », implique alors une critique de l’intérieur qui proviendrait d’œuvres ne se livrant à l’appareil de production qu’à condition de le modifier – où l’on trouvera la figure de l’auteur comme traître car il s’oppose à une culture de masse qui servirait les goûts au lieu de transformer les attitudes.

L'art mais aussi le design, fortement convoqués dans le texte de Benjamin, notamment à travers la question des organismes de diffusion, est aujourd’hui un opérateur de ces évolutions, notamment à travers les initiatives collaboratives et expérimentales de certains collectifs, parfois fortement politisés. Que faisons-nous aujourd’hui du texte de Benjamin ? Qu’apporte la tension entre tendance et qualité par rapport à la plus courante distinction entre fond et forme ? Un artiste, un penseur, un designer peuvent-ils réellement modifier un appareil de production dès lors qu’ils sont soumis à ce même appareil pour le diffuser et le faire vivre ? Les collectifs d’artistes, soutenus notamment par des plateformes numériques, et autres initiatives hors marché de l’art n’apportent-ils pas des propositions de tendances mais aussi de formes de vies nouvelles ? La culture « maker », « do it yourself » et la bricologie en général peuvent-ils être, notamment dans le champ du design mais aussi dans celui des initiatives de sociétés collaboratives relevant parfois d’un nouvel anarchisme, un lieu d’application et d’expérimentation fécond pour comprendre le texte de Benjamin ?

En reprenant la distinction fondamentale que Benjamin emprunte à Tretiakov entre l’auteur qui opère et celui qui informe, ce colloque a pour ambition d’inviter penseurs et artistes à montrer comment ce texte opère dans leur propre travail. Autrement dit, comment la tendance exacte de leur travail modifie le contexte dans lequel il existe. Les analyses porteront, non pas sur les œuvres, mais sur les effets qu’elles produisent ou qui se produisent en elles. C’est ce geste activant qui sera au cœur des débats de ce colloque international.

6. Projet de table ronde, d'exposition et de programmation de films : « Suicides d’artistes »Sur une proposition d'Anna Guilló en collaboration avec Olivier Schefer (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Institut ACTE)                                                             

Si le suicide est le seul problème philosophique sérieux, comme le notait Albert Camus, dans Le Mythe de Sisyphe, son importance est également considérable dans le champ artistique toutes périodes confondues : Suicide d'Ajax, Lucrèce de Lucas Cranach, représentations du suicide philosophique dans la peinture néo-classique, exaltation romantique de la mort d’amour (Kleist, Werther), crise personnelle et imaginaire chez Dada et les Surréalistes (Jacques Rigault, Crevel, Artaud sur Van Gogh, Suicidé de la société). On trouve encore nombre de représentations comiques, spectaculaires, désespérées ou esthétisantes de la mort volontaire chez Topor, Mishima, Pierre Molinier, Édouard Levé, Maurizio Cattelan ou Gianni Motti. Mais qu’il soit l’une des formes stoïques de la liberté (Caton, Sénèque), l’expression ultime du dégoût de vivre, ou encore désespoir amoureux romantique, le suicide est d’abord une réalité quotidienne et universelle qui contredit l’ordre naturel et bouscule l’ordre social. Car à l’heure où le suicide frappe les employés surmenés et les peuples opprimés, peut-on jouer à « faire le mort » sans se demander quels sont les enjeux imaginaires et politiques d’une telle pratique ? Pourquoi les artistes sont-ils hantés par ce thème et comment les fictions qu’ils inventent peuvent-elles s’accommoder de la réalité du suicide ? Sujet délicat s’il en est, le suicide concerne au premier chef l’activité artistique en ce qu’il pose de façon brutale la question du sens de la vie, de la représentation de soi mais aussi des rapports complexes entretenus par l’artiste avec la fin (l’achèvement, le temps, la mort). Ce n’est pas seulement le suicide dans l’art qui nous retiendra ici mais bien l’hypothèse d’un suicide de l’art, d’un questionnement radical sur l’activité artistique et sa place au sein de la société. Cette exposition – qui pourrait être accompagnée d’un catalogue, d’une table ronde et d’une programmation de films – voudrait ainsi documenter et questionner les pratiques artistiques du suicide, par le biais de la sculpture, de la peinture, de la photographie ou encore du cinéma, sans délimitation historique ni géographique, tout en prenant en compte les dimensions anthropologiques et sociales de ce problème et les rituels qu’il met parfois en jeu dans certaines cultures (notamment au Japon). Cette proposition voudrait aborder ce sujet grave de manière aussi bien thématique qu’historique, en prenant plus particulièrement pour fil directeur la figure du suicide d’artiste ou de l’artiste en suicidé. L’artiste qui met en scène son propre suicide témoigne-t-il de la limite de son art et de son supposé pouvoir de création ? Ou procède-t-il à une mise en scène narcissique, parfois comique, de sa propre disparition qui serait la forme ultime de l’art ? En 1845, alors qu’il a 24 ans, Charles Baudelaire écrit à une amie pour lui expliquer pourquoi il projette de se suicider. Cette lettre désespérée s’achève néanmoins par ces mots : « Je me tue parce que je me crois immortel, et que j’espère. »

Points forts des activités relevant des missions autres que la recherche : 

Pratique artistique régulière, expositions, livres d'artistes, le tout considéré comme relevant d'une mission à intégrer à la recherche.

www.annaguillo.org

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