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Pièce Audiophonique

Penser, c'est faire des épaisseurs

Auteur(s): 
Yannick Butel
Louis Dieuzayde
Gilles Suzanne
Anyssa Kapelusz
Arnaud Maïsetti
Auteur(s) hors LESA: 
José Da Costa
Guillaume Pinçon
Anne Begenat-Neuschäfer
Jérémie Majorel
Chloé Larmet

Publication PUP | Revue Incertains Regards, Parution 1er trimestre 2016

Du titre de ce nouveau numéro de la revue Incertains Regards, il nous faut sans doute dire deux mots. Du titre emprunté à Gilles Deleuze, à l’occasion de l’une des séances de Vincennes, il serait toujours possible de le justifier en rappelant que l’année 2015 aurait mérité que l’auteur de Pourparlers soit davantage célébré. L’année 2015, certes, concerne Gilles Deleuze, autant sa naissance (1925) que sa mort (1995) pour ceux qui pensent les hommages au prisme des anniversaires. Plus précis, dans ce souvenir, il eut été peut-être plus juste de convoquer le philosophe à l’endroit de quelques-unes de ses études qui feraient écho à la « célébration », le Kafka. Pour une littérature mineure, en collaboration avec Félix Guattari, publié en 1975 ou, et peut-être celui qui est à l’origine d’Incertains Regards, le Nietzsche paru en 1965.

Un aveu présomptueux éventuellement, mais que nous justifions par ce distinguo qu’il fait entre les penseurs « créateurs » (il les appellera encore les « danseurs »), et la catégorie des « porteurs » (ceux qui conservent un certain ordre de la pensée). Deux catégories que Deleuze met en perspective en identifiant que « rien n’est plus opposé au créateur que le porteur. Créer, c’est alléger [...] inventer de nouvelles possibilités de vie ».

À la fondation d’Incertains Regards, donc, il s’est agi de tenter de faire danser la pensée. Et d’avouer que la tentative de penser n’exclut pas le faux pas ou n’induit pas nécessairement une réussite. Comme le rappelle Jean-François Lyotard, « la douleur de penser n’est pas un symptôme [...] elle est la pensée elle-même en tant qu’elle se résout à l’irrésolution, décide d’être patiente [1]... ». Au mieux s’agit-il de suivre l’idée que penser c’est « être apte à accueillir ce que la pensée n’est pas préparée à penser, c’est cela qu’il convient d’appeler penser ».

Ergo, au-delà de cette précision qui renvoie à la question archéologique autant que généalogique d’Incertains Regards, consacrer un nouveau numéro au rapport que la pensée de l’art entretient à l’épaisseur, au lien que l’épaisseur induit à l’œuvre, à l’esthétique... c’était rappeler également la correspondance de pensée entre Gilles Deleuze et Les mots et les choses de Michel Foucault. Cette étude où Michel Foucault renvoie, de manière explicite, plus d’une trentaine de fois, à l’occurrence « épaisseur », et notamment à « l’épaisseur du langage ». Dans la perspective d’intervenir dans le dialogue entre Gilles Deleuze et Michel Foucault qui ne questionne pas à proprement parler l’œuvre d’art, il fut alors question de penser l’épaisseur non plus comme une démarcation ou une frontière entre ce qui aurait « une épaisseur » et ce qui n’en aurait pas. C’est-à-dire aller dans le sens d’un cloisonnement, mais tout au contraire de privilégier, dans le prolongement de leur pensée, l’idée que l’épaisseur problématise le regard porté aux œuvres à compter du moment où ce « concept » se réfère à une extension et une dilatation. Épaisseur et épaisissement en quelque sorte, manière d’étirer ou de plier, façon encore de trouver un mode d’élasticité non pas entre les choses, mais à partir des choses. Ou comment l’épaisseur – l’épaississement – est une manière de penser des zones de continuités, des espaces intermédiaires, des formes en devenir.

Aux contributeurs de ce numéro, il revenait de travailler dans cette perspective à l’aune de leurs recherches adaptées, pour la circonstance, au thème de ce numéro. Merci à José Da Costa, Anne Bégenat Neuschäfer, Guy Freixe, Guillaume Pinçon, Arnaud Maïsetti, Anyssa Kapelusz, Chloé Larmet, Jérémie Majorel, Marie Vayssière, et Louis Dieuzayde... d’avoir pris le temps d’y penser, d’avoir pris le risque de « déplier l’épaisseur » et de se départir d’un rôle de porteur.

Yannick Butel

 

Directeur(s) de l'ouvrage: 
Yannick Butel
Année : 
2 016
Axe de recherche: 
Arts, Sociétés, Écritures et dynamiques transméditerranéennes

La plasticité du vide : espace scénique, espace poétique

Auteur(s): 
Yannick Butel
Louis Dieuzayde
Gilles Suzanne
Arnaud Maïsetti
Anyssa Kapelusz
Fabien Faure
Auteur(s) hors LESA: 
Marie Vayssière
Isabelle Alzieu
Magali Lochon
Florence Baillet
Joseph Danan

Publication PUP | Revue Incertains Regards, Parution 4e trimestre 2014

Observant rigoureusement la ligne éditoriale et scientifique qui gouverne à l’édition de chaque numéro de la revue Incertains Regards, il fallait à l’occasion de « La Plasticité du vide » – thème du numéro 4 de notre publication – trouver à nouveau les auteurs de différents champs disciplinaires à même d’écrire et de penser cet enjeu scénographique, poétique et esthétique, commun aux pratiques artistiques et à leurs manifestations.

Scénographe exerçant dans le milieu professionnel, historiens de l’art contemporain, metteurs en scène et universitaires… ont répondu à l’invitation et nous les remercions pour leurs contributions. Au prétexte de s’aventurer dans l’espace pictural et celui des installations, d’arpenter les pratiques architecturales, d’observer le mouvement chorégraphique et les théâtralités contemporaines ou encore de revenir sur les espaces poétiques et théoriques, ce nouveau numéro d’Incertains Regards contribue au dialogue entre les arts, les met en discussion, en souligne la contiguïté théorique au point que parfois la référence épistémologique, comme l’expérience artistique, sont partageables et permettent de problématiser les pensées disciplinaires.

C’est le cas de la contribution majeure d’Isabelle Alzieu qui, historienne de l’art contemporain, livre ici à travers le dossier central une pensée indépendante et nourrissante pour les pratiques artistiques d’où qu’elles soient. Travail précis, documenté, riche en exemples pris à différentes pratiques, liant Japon et méditerranée… Le soulignement du vide comme « espace intermédiaire » et sa mise en rapport au Maissu de la pensée orientale est des plus productifs.

À cette contribution fait écho celle d’Arnaud Maïsetti qui croise différentes lectures poétiques et théoriques au détour desquelles la plasticité du vide et le concept de « vide » sont synthétisés et livrent passage à un « plastiquage » du vide et les idées convenues qui le concernent.

Au vrai, entre ces contributions, à la marge des témoignages sincères et analytiques que sont ceux de Magali Lochon – qui revient sur son expérience professionnelle et le rapport qu’elle entretient à l’égard de la scénographie – et de Marie Vayssière qui rend hommage au groupe qui s’est retrouvé, avec elle, autour de la conduite de l’atelier consacré à Fernando Pessoa et à son Livre de l’intranquillité ; chacun des articles est une contribution singulière au thème de ce numéro.

Florence Baillet propose ainsi de regarder la Medea de Thalheimer comme relevant d’une « appréhension performative de l’espace », au point qu’elle renouvellerait notre rapport à l’Antiquité grecque. Gilles Suzanne, dans un compte à rebours qui fonde sa méthodologie, au prétexte d’une chorégraphie de Ziya Azazi, mêle réflexion théorique et conceptuelle qui lui permet de tisser les liens entre tradition et modernité dans l’espace méditerranée, portant la plasticité du vide à être la matrice d’un imprévisible, voire d’un indiscernable que son étude minutieuse conduit sur un seuil de visibilité. Porté à regarder les acteurs ou les figures chez Pesenti, Louis Dieuzayde revient sur le face à face spectateur-acteur, et cette altérité qui, dans l’instant du théâtre, dévoile, via la plasticité du vide, une dialectique de l’absence et de la présence. Et c’est encore cette dialectique de la présence et de l’absence qui est commentée par Fabien Faure alors qu’il se consacre à l’étude de quelques-unes de œuvres de Richard Nonas, en Provence, qui le conduisent à rappeler que le vide est un habité comme un imprévisible. Plasticité du vide inhérente à l’œuvre ou sentiment éprouvé par le spectateur, Anayssa Kapelusz, s’intéressant à Vifs, un musée de la personne – installation vidéographique et événement théâtral – s’inquiète du vide comme « écarts ». Du vide comme résultat de la tension et de la friction de formes distinctes convoquées dans l’instant de leur manifestation et de leur représentation.

Enfin, et c’est assez rare pour le souligner, Incertains Regards se ponctue par deux articles qui se répondent immédiatement au prétexte de penser, peut-être, le « vide critique ». Un débat, entre Joseph Danan et Yannick Butel. Discussions entre deux collègues, plus que querelle avignonnaise ou conflit... L’article de Joseph Danan « Spectateur en puissance » pointe implicitement les travers de la critique et l’article fait montre de théorisation du spectacle de Jérôme Bel Cour d’Honneur. Yannick Butel lui répond et ne pouvait qu’accepter ce dialogue dans Incertains Regards...

À « La plasticité du vide » du no 4 s’ajoutera prochainement un numéro consacré à « L’épaisseur ». Gageons que les numéros antérieurs n’en manquaient pas.

Yannick Butel

 

 

Directeur(s) de l'ouvrage: 
Yannick Butel
Année : 
2 014
Axe de recherche: 
Arts, Sociétés, Écritures et dynamiques transméditerranéennes

Le verbalisme : langage théâtral et déconstruction

Auteur(s): 
Yannick Butel
Louis Dieuzayde
Arnaud Maïsetti
Gilles Suzanne
Auteur(s) hors LESA: 
Isabelle Babin
Pierre Piret
Alexandra Moreira Silva
Catherine Bouko
Marie-Madeleine Mervant-Roux
Cécile Bosc

Publication PUP | Revue Incertains Regards, Parution 4e trimestre 2013

 

Numéro consacré au verbalisme scénique et à la complexité du langage. Point sur le dérèglement poétique et sonore qui, pour autant qu’il est récurrent aux pratiques du théâtre à travers son histoire, semble s’affirmer davantage ces dernières années.

Ce numéro est accompagné d’une pièce audiophonique, L’espace furieux, de Valère Novarina.

Cette pièce a été créée avec les étudiants de la section Théâtre et a été jouée au Théâtre Antoine Vitez en avril 2013. Voir la page du spectacle

Sommaire du numéro :

  • Préface :

— Le verbalisme sur la scène contemporaine
(Yannick Butel)

  • Dramaturgie | l’enjeu 
    L’Espace furieux de Valère Novarina

— Le théâtre de la chasse à l’homme 
(Louis Dieuzayde)
— Faire lever des figures
(Isabelle Babin)

  • Dossier | la voix est libre

— Fonctions du verbalisme dans le théâtre contemporain
(Pierre Piret)

  • Critiques | lecteurs/spectateurs

— Profanation et désœuvrement : revenir à Artaud
(Alexandra Moreira Silva)
— Artaud, la voix déchue. Pour en finir avec le jugement de dieu
(Arnaud Maïsetti)
— Le théâtre d’Ingrid von Wantoch Rekowski : magnifier la musique et le geste vocal
(Catherine Bouko)
— Torticolis théâtrologique « Cachez ce linguistique que je ne saurais voir » 
(Marie-M.Mervant-Roux)
— Retour sur la double fin du verbalisme. Un à-propos de la poésie concrète, spatiale, séméiotique et sonore 
(Gilles Suzanne)
— La face baroque II : un théâtre de contrebande-son 
(Yannick Butel)

  • Arts de la scène | la librairie

— Le son tabou ou l’utopie pirate. À propos de Les mots et les sons,
un archipel sonore
, François J. Bonnet
(Cécile Bosc)

  • Espace sonore | pièce audiophonique

(enregistrement sur CD inclus dans la revue)
L’Espace furieux (extraits) de Valère Novarina, P.O.L
avec les étudiants de la section théâtre de l’université d’Aix-Marseille
— adaptation et mise en scène : Louis Dieuzayde
— assistanat : M. Charpin, F. Gamard, I. Lorenzi, R. Samperiz
— création sonore : Jean-Noël Beyssier, Benjamin Duprat

Directeur(s) de l'ouvrage: 
Yannick Butel
Année : 
2 013
Axe de recherche: 
Arts, Sociétés, Écritures et dynamiques transméditerranéennes

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