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œuvre-lieu

Etienne-Martin, Mario Merz : des Demeures et des Igloos. Primitivisme et dimension anthropologique de la sculpture contemporaine

Auteur(s): 
Fabien Faure

Deux grands artistes de cette seconde moitié du 20ème siècle ont, l'un et l'autre, conduit durant plusieurs décennies un projet des plus singuliers. Brouillant les limites communément admises entre la sculpture et l'architecture, chacun d'eux s'est attaché à donner forme à la première et authentique maison : Etienne-Martin est l'auteur de vingt Demeures, Mario Merz d'une soixante d'Igloos. (…) Les Demeures et les Igloos sont en outre étroitement associés à la notion de "mythologie individuelle" rendue célèbre par Harald Szeemann. Pourtant les relations extraordinairement contrastées qu'entretiennent ces œuvres-lieux n'ont jamais été envisagées. Cet ouvrage, conçu comme un livre double, cheminant d'une "maison" à l'autre et, ce faisant, rencontrant les créations et les cultures les plus diverses, voudrait donc combler une lacune.

Année : 
2 000

Richard Serra. Ma réponse à Kyôto

Auteur(s): 
Fabien Faure

Lyon, Fage Éditions, collection “Varia”, 2008

Au printemps 1970, lors d’un séjour à Kyoto, Richard Serra découvre le jardin zen du Taïzo-in, au cœur du vaste ensemble de temples de Myoshin-ji. Chaque jour durant plusieurs semaines, le jeune sculpteur américain arpente inlassablement les allées courbes de ce “jardin sec” datant du 16e siècle. Il fait là l’expérience troublante d’un espace incarné, déterminé par le temps et le mouvement.

« Aujourd’hui, lorsque je repense à Kyoto, il me semble que l’une des choses les plus importantes qui me soit arrivée là-bas est que je me suis trouvé ramené à une situation élémentaire, me permettant de percevoir et d’observer ce qui m’entourait de manière très brute. Je ne veux pas dire de manière enfantine, mais brute, non filtrée. Les jardins ont été la pierre de touche me permettant de prendre tout le temps de regarder ce qui m’entourait, laissant les choses me parvenir simultanément, dans le présent de la sensation. La conception que j’avais de mon travail s’en est trouvée profondément transformée. […] La déambulation et le regard sont devenus pour moi des gestes fondateurs. Je n’aurais jamais pu engager une telle mutation si je n’avais découvert ces jardins uniques. »

Peu après son retour du Japon l’artiste répond à une commande de la famille Pulitzer pour sa résidence de Ladue, aux portes de Saint Louis, dans le Missouri. Durant l’hiver 1970, démarre le chantier de construction de la Pulitzer Piece : Stepped Elevation, première grande sculpture paysagère de l’artiste. Celle-ci s’offre au marcheur comme une énigme, mais également comme une invitation à décrypter le site qui l’accueille au cours d’un incessant travail d’ajustement perceptuel. C’est la « réponse à Kyõto » de Richard Serra.

La réflexion ici proposée se nourrit d’un long entretien inédit de l’artiste avec l’auteur. Fabien Faure noue pour la première fois l’expérience japonaise du sculpteur aux dimensions physique, topographique et phénoménologique de la site-specificity, articulant les notions-clés de champ sculptural et d’œuvre-lieu.

 

Maître de conférences à l’Université de Provence, Fabien Faure a écrit de nombreux articles sur la sculpture des années 1950 à nos jours, et sur l’œuvre de Richard Serra en particulier.

Année : 
2 008
Axe de recherche: 
Arts, Sociétés, Écritures et dynamiques transméditerranéennes

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