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Étienne-Martin

Auteur(s): 
Fabien Faure

Catalogue d'exposition, Centre d'art de Tanlay, 1er juin-30 sept. 2001.

« Etienne-Martin est l'auteur des Demeures. Plus exactement, il en est l'inventeur. Il ne les a pas simplement imaginées ; il les a véritablement découvertes. Vingt grandes sculptures, des dizaines d'études, de dessins et d'autres réalisations encore qui, tels l'Abécédaire, Le Secrétaire et L'Escalier, accompagnent les premières, reprennent et développent certains de leurs aspects à la manière d'un commentaire plastique, d'un discours second des formes à propos d'autres formes. Une bonne trentaine d'années de travail : bien plus qu'une série, c'est une œuvre dans l'œuvre, un cycle dirait-on s'il s'agissait de littérature ou de poésie. Les matériaux utilisés, les formes produites, les configurations et les espaces élaborés sont des plus divers. Demeures de dissemblance, donc... à première vue seulement, car celles-ci attestent la recréation obstinée d'un unique lieu. L'artiste y brouille les limites communément admises entre la sculpture et l'architecture. De surcroît, il alterne et confond délibérément les gestes et procédures de construction et ceux qui relèvent de l'excavation. "Je suis archéologique", confirme du reste l'inventeur de lieux. Quant à la Demeure inlassablement façonnée et retrouvée, reconstruite et repensée, elle est, intrinsèquement, cela même qui demeure »

• Fabien Faure, « La structure absolue » (pp. 8-18).

 

 

Directeur(s) de l'ouvrage hors LESA: 
Jacques Py
Année : 
2 001

Arnaud Vasseux

Auteur(s): 
Fabien Faure
Auteur(s) hors LESA: 
Cédric Loire, Mathieu Provençal, Arnaud Vasseux

Monographie. Édition bilingue, français / anglais.

• Cédric Loire, « Notes préliminaires à un inventaire des plâtres », pp. 10-29.

• Fabien Faure, « La sculpture dans le cours des choses », pp. 52-87.

• Mathieu Provansal, « Entre plectre et belvédère », pp. 100-114.

• Arnaud Vasseux,  « Geste et intention », pp. 126-132.

Approcher l’œuvre d’Arnaud Vasseux à partir de ses sculptures de grandes dimensions, en plâtre non armé, qu’il désigne, depuis 2005, du terme générique de Cassables, c’est se confronter à l'aspect le plus singulier de son travail, puisqu’il s’agit de se résoudre d’emblée à n’évoquer que des œuvres disparues.

« Avec esprit de suite, Arnaud Vasseux renouvelle les enjeux d’une certaine histoire de la sculpture : celle qui, de Rodin et Brancusi à Toni Grand et au post-minimalisme d’Eva Hesse, de Bruce Nauman et de Richard Serra, nous entretient de ce que nous pouvons produire, construire, éprouver et partager, ici. Car maintenir des polarités et des puissances d’engendrement telles que matière et durée, forme et formation, contact et espacement, revient en définitive à ancrer inlassablement la sculpture dans des espaces substantiels où la plasticité se fait lieu. Pour l'artiste, il ne saurait donc être question de mettre en scène quelque « miracle » du matériau ; en revanche, et c’est très différent, Vasseux nous rappelle à cet étonnement foncier devant ce qui est, et par rapport à quoi nous pouvons esquisser librement le mouvement d’une rencontre. La sculpture permet cela. »    Fabien Faure

Année : 
2 011

Richard Serra. Ma réponse à Kyôto

Auteur(s): 
Fabien Faure

Lyon, Fage Éditions, collection “Varia”, 2008

Au printemps 1970, lors d’un séjour à Kyoto, Richard Serra découvre le jardin zen du Taïzo-in, au cœur du vaste ensemble de temples de Myoshin-ji. Chaque jour durant plusieurs semaines, le jeune sculpteur américain arpente inlassablement les allées courbes de ce “jardin sec” datant du 16e siècle. Il fait là l’expérience troublante d’un espace incarné, déterminé par le temps et le mouvement.

« Aujourd’hui, lorsque je repense à Kyoto, il me semble que l’une des choses les plus importantes qui me soit arrivée là-bas est que je me suis trouvé ramené à une situation élémentaire, me permettant de percevoir et d’observer ce qui m’entourait de manière très brute. Je ne veux pas dire de manière enfantine, mais brute, non filtrée. Les jardins ont été la pierre de touche me permettant de prendre tout le temps de regarder ce qui m’entourait, laissant les choses me parvenir simultanément, dans le présent de la sensation. La conception que j’avais de mon travail s’en est trouvée profondément transformée. […] La déambulation et le regard sont devenus pour moi des gestes fondateurs. Je n’aurais jamais pu engager une telle mutation si je n’avais découvert ces jardins uniques. »

Peu après son retour du Japon l’artiste répond à une commande de la famille Pulitzer pour sa résidence de Ladue, aux portes de Saint Louis, dans le Missouri. Durant l’hiver 1970, démarre le chantier de construction de la Pulitzer Piece : Stepped Elevation, première grande sculpture paysagère de l’artiste. Celle-ci s’offre au marcheur comme une énigme, mais également comme une invitation à décrypter le site qui l’accueille au cours d’un incessant travail d’ajustement perceptuel. C’est la « réponse à Kyõto » de Richard Serra.

La réflexion ici proposée se nourrit d’un long entretien inédit de l’artiste avec l’auteur. Fabien Faure noue pour la première fois l’expérience japonaise du sculpteur aux dimensions physique, topographique et phénoménologique de la site-specificity, articulant les notions-clés de champ sculptural et d’œuvre-lieu.

 

Maître de conférences à l’Université de Provence, Fabien Faure a écrit de nombreux articles sur la sculpture des années 1950 à nos jours, et sur l’œuvre de Richard Serra en particulier.

Année : 
2 008
Axe de recherche: 
Arts, Sociétés, Écritures et dynamiques transméditerranéennes

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