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dimension anthropologique de l'œuvre

Giuseppe Penone

Auteur(s): 
Fabien Faure
Auteur(s) hors LESA: 
Franco Fanelli, Marco Meneguzzo, Didier Semin, Giorgio Verzotti

Catalogue des expositions Giuseppe Penone, Caraglio, Il Filatoio (10 juin-8 oct. 2006) ; Digne-les-Bains, Galerie du CAIRN-Centre d'art (18 juin-29 oct. 2006).

Édition bilingue, français / italien.

• Didier Semin, "La clessidra di Penone / Le sablier de Penone", pp. 79-88.

• Franco Fanelli, "L'ombra del bronzo / L'ombre du bronze", pp. 89-94.

• Marco Meneguzzo, "Propagazione dello sguardo / Propagation du regard", pp. 95-104.

• Fabien Faure, "Prese / Prises", pp. 105-122.

Directeur(s) de l'ouvrage hors LESA: 
Andrea Busto
Année : 
2 006

The Raw Edge – Vière et les moyennes montagnes

Auteur(s): 
Fabien Faure
Auteur(s) hors LESA: 
Richard Nonas

Textes : Richard Nonas, Fabien Faure / Photographies : Richard Nonas, Bernard Plossu.

Trois éditions : français, anglais, italien.

Depuis les années 1970, au début desquelles Richard Nonas a décidé de mettre un terme à ses recherches et missions d’anthropologue pour, dit-il, « se transformer en artiste », celui-ci a régulièrement fait retour sur son propre travail afin d’en expliciter les enjeux, mais aussi pour témoigner de l’irréductible étrangeté du fait de création. Relativement peu connus à ce jour (en Europe du moins), ses écrits comptent pourtant parmi les plus denses que la sculpture ait inspiré depuis une quarantaine d’années. Plusieurs dizaines de notes théoriques et de textes d’une profondeur troublante attestent ainsi d’une démarche radicale qui, ignorant quasiment le principe d’une évolution interne, laisse découvrir une cohérence peu commune. Obéissant à une forme assertive, les écrits de Nonas procèdent, certes, d’une pratique, mais ils visent avant tout à interroger l’idée même de sculpture, s’attachant à décrire les possibilités d’un art qui engage des modes particuliers d’existence de l’œuvre, détermine des spatialités, suscite des situations d’expérience pour, en somme, accomplir une certaine fonction. Car, pour l’artiste, c’est bien dans sa fonction relationnelle – en l’espèce situationnelle –, et non dans quelque autonomie objectale, que la sculpture trouve sa pertinence. (…)

Perché à mille deux cent mètres d’altitude, aux confins de la vallée de la Haute-Bléone, dans les montagnes de Haute-Provence, Vière est un hameau inhabité depuis 1934. D’une beauté secrète, l’endroit ne recèle pourtant rien de remarquable a priori, sinon une certaine manière de perdurer. Les habitants de Prads, les bergers et les randonneurs connaissent Vière, qu’ils traversent à l’occasion. Seule une famille s’y installe l’été, dans l’ancienne école, d’où ne résonnent plus ni classes ni jeux depuis longtemps. C’est l’unique bâtisse habitable du village, que ces résidents occasionnels ont peu à peu restaurée. Ni route ni électricité ni eau courante, sinon celle des sources et des deux rivières qui se rejoignent à une centaine de mètres du hameau. À l’abri d’un éperon rocheux dessinant une crête rectiligne, Vière se tient là, en marge du monde. Après des générations de vie et de labeur opiniâtre depuis la fondation du village, au XIe siècle, son histoire s’est arrêtée il y a bientôt quatre-vingts ans. Cette histoire, pourtant, n’en finit pas.

À la fin de l’automne 2009, Nadine Gomez conduit Richard Nonas jusqu’au hameau où, profondément touché, l’artiste découvre « l’endroit extraordinairement spécial que Vière est devenu du fait de son abandon ». Retiré dans un pli de l’espace et du temps, le village déserté offre une image prégnante de la disparition, la présence/absence des choses et des êtres s’y donnant à interpréter dans toutes sortes de traces plus ou moins lisibles. Pourtant aucun sentiment de familiarité n’émane de celles-ci, car Vière semble même affecté d’une distance irréductible, qui rappelle celle de ces vestiges qu’on découvre ou redécouvre, suspendus dans le temps indécidable de leur dissolution. Aussi, avec une discrète insistance, le hameau et son site ne pouvaient-ils manquer de ramener le sculpteur à une dimension essentielle de sa propre démarche – une dimension paradoxale, certes, en ce qu’elle demeure à lui-même à demi étrangère. Cherchant à cerner cette dimension du lieu et de l’œuvre, une figure irrésolue vient à l’esprit : celle de l’(in)habiter. D’une rencontre improbable va naître, comme une réponse, Edge-Stones – Viere and the Middle Mountains.

 

Directeur(s) de l'ouvrage hors LESA: 
Nadine Gomez
Année : 
2 011
Axe de recherche: 
Arts, Sociétés, Écritures et dynamiques transméditerranéennes

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