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Du malentendu. La voix ou plutôt les voix de Bob Dylan qui jalonnent 60 ans d’une carrière atypique sont l’épicentre de la proposition artistique du chanteur du Minnesota. Depuis cette voix, l’extension du beau et du laid qui se croisent et s’entrecroisent dans la chanson Dylanienne a provoqué une série de malentendus jamais dissipés.

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BOB DYLAN ou L' art dissipé de faire chanson

Titre de la thèse

Bob Dylan ou l’Art des malentendus

Sujet de la thèse

La voix ou plutôt les voix de Bob Dylan qui jalonnent 60 ans d'une carrière atypique sont l'épicentre de la proposition artistique du chanteur du Minnesota. Cette voix capricieuse, soumise autant à l'interprétation qu' au temps qui passe mais également à tous les registres de la musique américaine, a profondément transformé les concepts du beau et du laid, permettant à ceux ( des chanteurs sans voix) qui n'avaient pas droit au chapitre de se faire entendre. "Le beau n'a qu'un type le laid en a mille" disait Victor Hugo et la réception de la voix de Dylan, depuis son apparition dans l'univers du spectacle a suscité rejets, diatribes, sarcasmes mais a su également et surtout renouveler le concept du beau et d'une grâce émarginée jusque -là. Bob Dylan a su ainsi amener ou ramener la marge au centre et imposer de la langue mineure dans les schémas de l'idiome majeur. Car plus que tout autre, le chanteur a fait de la chanson un art total et a redéfini les contours de ce qu'est la chanson: "La chanson n'a pas besoin de mots" dira t-il. Et il a affirmé et réaffirmé à plusieurs reprises qu'il n'avait jamais entendu changer quoi que ce soit. De ces paradoxes de la voix et de la création de la chanson comme organisme, Bob Dylan a été autant victime que vecteur des malentendus colportés à son sujet depuis plusieurs générations. Il est dès lors légitime de s'interroger sur cet art -voulu ou pas - de faire malentendu, à partir des mots-clés qui entourent le musicien: le mouvement et la cinétique, les concepts d'authenticité (et d'inauthenticité), l'engagement, l'écriture et de glossolalie, la place du langage dans sa création, l'importance du langage de l'émotion dans la perception de son répertoire (qui devient un bréviaire assumé), le mot et ses rythmes internes au filtre du chant, de l'interprétation, de la performance et d'une création qui ne demande depuis les années Soixante qu' à s'ajourner. La thèse du ou des malentendu(s) offre(nt) des modalités plurielles d'entendre et d'étendre la nouveauté ou l'innovation déposée par Bob Dylan depuis 60 pour générer de l'énergie artistique.

Soutenue en

Date de 1ère inscription

1 septembre 2018

Directeur·rice

Jacques Amblard

Université d’origine

AMU

Fichiers à télécharger

Propos liminaires                     septembre 2018                 

Le parcours de Bob Dylan dans le monde du spectacle des auteurs-compositeurs interprètes est une somme de permanence et d’impermanence, de fidélité et de reniement, de trahison et d’héritage, d’archaïsme et de modernité, de révolution et de conservatisme. Le médium utilisé, symbolique, expressionniste et marqueur de cette étrange carrière est sans aucun doute sa voix…les voix de Bob Dylan, devrait-on dire, qui accompagnent le plus souvent l’auditeur, quand la voix du chanteur accompagne la vie entière de l’autre. C’est de cette perception à la fois émotionnelle, esthétique et poétique qu’est certainement né ce sujet de thèse… de cette voix parvenue incidemment des Amériques (aux origines russes) aux oreilles des auditeurs du monde entier.

Les voix de Bob Dylan et leur art de l’esquive, ont toujours su susciter chez ceux qui s'y sont intéressés, la curiosité, l’énervement, les contours d’une mascarade, l’interrogation, la consolation, la surprise, l’urgence assurément, une puissance évocatrice presque tyrannique pour n'avoir ni l’envie, ni le désir de la voir s’éloigner.

Mais aussi du malentendu.

De cette voix et de cette parole, du dissensus (mais sans renier le consensus exprimé par le succès) qu’elles créent, pourquoi ce type d’énonciation a su ébranler autant les certitudes, ouvrir autant de possibilités dans la vie de l’autre (de cet autre rencontré chez Levinas)? Comment cette voix nous est parvenue et est demeurée, au fil du temps, aussi discordante et dans le même temps aussi familière que ce soit sur les albums (publiés officiellement ou pirates ou encore dans les ateliers de fabrication grâce aux  séries « Bootlegs ») ou  en concert…

Car l’expérience Dylan, de 1962 au prix Nobel, c’est ce partage depuis et ce sur tous les continents. C’est certainement un fait singulier dans le monde du spectacle et à cette échelle. Dans la linéarité du parcours, il y a un refus de la répétition et une idée de la régénérescence au moins désirée. Quelle est la signification d’un corps qui chante ? Il faudrait visionner le parcours inverse et juste rajouter : Que décide celui qui écoute les mots dits, prononcés, chantés ici? Et qui peut tenir lieu de réflexion.

 

PUBLICATIONS:

La Main de Thôt. Théories, enjeux et pratiques de la traduction, n° 8 : "Traduire la chanson" (A. Cayuela, C. Bertoneche, dir.)

http://revues.univ-tlse2.fr/lamaindethot/index.php?id=840

Vouloir traduire l’intraduisible : de l’interprétation à la traduction. Visions of Johanna de Bob Dylan dans « la cohérence réversible du monde » Philippe Usseglio

Mots Clefs

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